Au Pays des Humains Une Croisière sur l'Orénoque

Comment j'ai profité des installations d'un navire de luxe pour approcher les méandres du fleuve Orénoque au Vénézuela, les plages enchanteresses des Iles Grenadines, la beauté de la mangrove à Tobago, et partir à la découverte d'Humains...

Jour 2 - Man of War Bay -Tobago : L’esprit plus fort que le corps

Publié dans 3 Tobago


Si vous souhaitez programmer un réveil avec votre téléphone, composez le *55 et les 24 heures (par exemple pour un réveil à 7h00, vous composez le *550700)Si vous souhaitez ne pas être réveillée et agoniser tranquillement sur le sol de votre cabine de luxe composez le 1, si votre co-carabinière  vous incite gentiment à déblayer le passage composez le 2…

Les ors du décor de notre cabine avaient passé une longue nuit, dérangés par mes papotements incessant avec mes nouveaux amis en papier.

Tandis qu’à La Passerelle le Commandant espérait la visite de quelques passagers, lesdits passagers espéraient la visite du médecin de bord.

Après une longue discussion entre filles sur le bien-fondé d’une sortie en short ou plutôt en pantalon long, Valérie, Cécile et moi-même zappèrent d’autorité « la réunion sur les procédures de débarquement en zodiac, et l’organisation des excursions sur l’Orénoque au Grand Salon » pour aller picorer quelques menus fruits-yaourts-omelette-pancakes au chocolat au restaurant.

Au diable également la Conférence de Mister B. au Grand Salon ! A quoi bon « la découverte de la mangrove et de ses habitants » ? Une mer d’émeraude et des dauphins joueurs nous attendaient au grand air !

Extraits par la seule force de notre volonté des couloirs douillets de notre navire, nos corps reconnaissants reprenaient doucement possession de leurs sensations.

Loin au-dessus de nos chefs voguaient de majestueuses frégates. Alizés et zéphirs jouaient pour nous un concerto. Sur nos lèvres flottaient un sourire et sous les eaux d’audacieux delphinidés dansaient une sarabande.

C’était notre second jour de croisière, et nous étions arrivées à Man of War Bay !

 (à suivre..)


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Publié à 23:00, le 25 juin 2009, Charlotteville
Mots clefs : Valérie JaubertCécile DamecourTobagodauphins

Jour 2 - Man of War Bay -Tobago : Respirer, goûter et vivre

Publié dans 3 Tobago


Je roulais sous ma langue la fève de cacao que Laurent venait de m’offrir. J’en décollais lentement la pulpe acidulée et m’attardais sur la peau lisse et brune du dessous. A mes côtés, Cécile et Valérie faisaient de même. Nous venions de pénétrer le parc des Chutes d’Argyle, ancienne plantation de cacao reconvertie en parc national.

            

Ici se terminait la route qui nous avait amenés depuis Charlotteville, déroulant son ruban de bitume le long de villages et d’administrations en bois, et qui s’ornerait sur le retour  de groupes joyeux et colorés d’écoliers en uniforme.

Après un déjeuner de rêve sur le pont ensoleillé du Restaurant panoramique du Levant, nos jambes freluquettes prenaient plaisir à s’ébrouer sur le sol de la République de Tobago.

Déposés sur les sommets de l’île par la magie motrice d’un véhicule autochtone, Valérie, Cécile, votre conteuse et quelques vingt autres bipèdes curieux, glissions sur le chemin des Chutes, rendu boueux par les pluies récentes et bienfaitrices.

Une végétation généreuse respirait autour de nous, abritant en son sein  courageuses fourmis et Mot Mot virevoltants.

Posant sur une branche non loin d’une mangeoire, une boule de plumes colorées se laissait mitrailler par un essaim d’admirateurs numériquement équipés.

Non loin de là, deux jeunes caïmans à lunettes se moquaient dans leur mare (= se marraient) !

Plantes épiphytes et cabosses égarées surveillaient notre progression.

Les bords du chemin, ravinés par les pluies, laissaient apparaître les racines des plantes  et le plaisir que nous ressentions.

Baguenaudant entre nos sémillants naturalistes et leurs packs d’admirateurs, j’allais mon chemin vers le murmure des eaux.

Une ornière affamée essaya bien de garder en elle mon soulier, mais ma farouche volonté eut bientôt raison des dangers de cette forêt apprivoisée.

Enfin, le chemin de terre se fit roche. Je levais les yeux vers les gradins de la cascade promise.

Son bassin généreusement remplit nous empêchait d’aller plus loin. Valérie et Cécile passèrent de mains en mains afin de le traverser et de nous ramener bruits et saveurs, pendant que je décidais de rester sur la berge première en compagnie d’une garde de ce parc luxuriant qui avait confectionné des rouleaux de cacao et les vendaient.

Le chemin du retour fut… comment dire… délicieux...

(à suivre…)


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Publié à 23:00, le 24 juin 2009, Charlotteville
Mots clefs : Carole PieroniValérie JaubertCécile Damecourcacao

Jour 2 - Man of War Bay -Tobago : s'émerveiller

Publié dans 3 Tobago

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Accoudées au bastingage, entourées de très doctes oiseleurs et de passagers assoiffés de connaissances, nous laissions les rayons du soleil finir leur jour sur  notre peau.

 

Au-dessus des barques tricolores, un oiseau à la silhouette fameuse dansait un ballet pour la vie devant nos yeux.

 

Les pêcheurs racontent qu’en vieillissant la cataracte s’empare du pélican, et que lorsqu’il lui est devenu impossible de pêcher, celui-ci se jette du plus haut du ciel en un long piqué suicidaire sur les rochers qui bordent le littoral.

 

Ma première rencontre avec le peuple pélican a eu lieu  en Tanzanie, sur les rives du lac Manyara. Un site dépourvu de falaises! L’un de mes plus beaux et précieux souvenirs de voyage. J’en rêve encore…

 

Dans mon âme et dans mon cœur montait un air souple et prégnant, tel un chant d’Hildegard von Bingen. Un frisson. Un chant de l’extase. De la chair de poule pour un pélican…

 (à suivre…)

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Publié à 23:00, le 23 juin 2009, Charlotteville
Mots clefs : Hildegard von BingenTobagopelican

Jour 2 - Man of War Bay -Tobago : Luxe, Calme et...

Publié dans 9 Vie à bord

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« Noirs dans la neige et dans la brume,

 

Au grand soupirail qui s’allume,

 

Leurs culs en rond,

 

A genoux, cinq petits,-misère !-

 

Regardent le boulanger faire

 

Le lourd pain blond »

 

Collée au mur interne de la piscine je me sentais, comme les enfants du poème d'Arthur Rimbaud. En dehors.

Décalage...

Entourée de trois jolies filles je regardais Un dos tres leurs corps jeunes et sveltes Cuatro cinco seis s’agiter en rythme Siete ocho nueve au son des regards.

Capucine, animatrice aquagymnesque, nous encourageait. Valérie et Cécile dansaient. Je coulais.

Les maillots de bain parsemant nos corps attiraient les têtes des hommes accoudés au bar. Est-ce que les muscles sous notre peau avaient travaillé oui. Est-ce que nous reviendrions à l’aquagym : non. Le sauna serait notre refuge.

Piscine, salle de gym, sauna… liste de course pour navire de luxe. Difficile choix après de dures  journées à s’émerveiller !

Mais ce soir avait lieu le dîner du Commandant. Ce soir tous les passagers resteraient jusqu’à la fin du repas ce soir serait ma première soirée sous les lumières tamisées du bar ce soir…

Mais pour le moment nous dévalions les escaliers qui nous ramenaient sur le pont La Pérouse jusqu’à nos cabines d’essayages. -Trucs de filles !-

 

*******

 

Méderic nous achemina en parfait maître d’hôtel jusqu’à la table du médecin de bord, à laquelle nous avions le privilège d’être invitées. Nous ne fumes pas longues à apprécier ce pianiste de jazz Marseillais – mère patrie, de naissance ou d’adoption, pour 5 d’entre nous – médecin qui plus est !

La soirée fut douce et enjouée, le dessert… savoureux, mon coucher…précoce. Encore…

Je confiais à Cécile, Valérie et son père, la piste de danse, le séduisant jeune barman au regard appréciateur et au sourire enjôleur, l’incroyable pianiste anglais fan de Piaf et de Brel, et nos guides conférenciers en pleine forme après leur promenade digestive dans les coursives du navire.

Quant à moi, j’allais m’endormir doucement sous les vibrations silencieuses des ailes de Morphée…


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Publié à 23:00, le 22 juin 2009,
Mots clefs : le LevantCapucine MeyerCarole PieroniValérie JaubertCécile DamecourRimbaud

Jour 3 - Embouchure de l'Orénoque -Vénézuela : Vibrer...et s'emporter ;-)

 


El Agua, couleur café au lait,  déployait son immensité devant l'eau de mon regard.

Parsemé ça et là de plaques de jacinthes à la recherche d’un havre à coloniser, l’Orénoque s’offrait à moi.

Dans le lointain de son lit, un arc-en-ciel baignait la silhouette fantomatique d’un cargo esseulé.

Boca Grande ! J’étais toute prête à me laisser avaler...

            

Une ligne couleur végétale bordait mon horizon à bâbord.

Bientôt, une autre viendrait s’y ajouter sur ma droite.

Un vent léger caressait le lit du majestueux rio, faisant doucement tanguer les balises entre lesquelles nos pilotes vénézuéliens fraîchement montés à bord nous guidaient.

Me sienta muy bien. J’étais bien.

Nous voguions enfin sur la couche de mes songes et je me découvrais troublée.

Des frissons traçaient leur chemin le long de mon échine, prenant peu à peu possession de toute l'étendue de ma peau.

Je pris position en surplomb de l’étrave du Levant, et nous fendîmes tous deux à l’unisson les eaux nourries de limon, les eaux inhospitalières et fortes qui avaient intriguées Christophe Colomb et repoussées les féroces Caraïbes. Pour un temps.

Je brûlais de voir mille jours se lever sur le fleuve Orénoque, et mille soleils lancer leurs rayons à travers un voile de pluie bienfaitrice.

L’envie de rencontrer le peuple des pirogues me taraudait. Je voulais vivre au gré des marées et au son des poissons qui se débattent au petit matin.

Je désirais me joindre au chaman et prier Maria Lionza, célébrer son culte au creux d’une cascade. Protectrice de la nature, Reine de toutes les divinités, elle seule saurait nous protéger dans notre voyage. Elle seule, et l’expérience des marins entre les mains desquels nous avions déposé nos vies.


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Publié à 23:00, le 21 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Maria LionzaWaraosBoca Grande

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