Au Pays des Humains Une Croisière sur l'Orénoque

Comment j'ai profité des installations d'un navire de luxe pour approcher les méandres du fleuve Orénoque au Vénézuela, les plages enchanteresses des Iles Grenadines, la beauté de la mangrove à Tobago, et partir à la découverte d'Humains...

Préface

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De ce jour là je me souviens, du silence à bord du zodiac ; du fourmillement de vie tout autours et du miroir opaque de l’eau brune sur laquelle nous glissions.

 

Je me souviens des jacinthes d’eau vers le rivage et des cormorans sur les frondaisons.

 

Je me souviens de la curiosité d’une famille de singes hurleurs qui nous a regardé passer, de son indignation silencieuse peut-être, consécutive à notre présence, et du ballet affairé des chauves-souris  au point du jour.

 

Je me souviens avoir cherché les yeux des caïmans, et avoir aimé regarder ailleurs pendant que tous étaient tournés vers la même direction.

 

Je me souviens de mon frémissement.

 

Je me souviens de mon excitation et des deux dauphins roses, véritables cadeaux repérés par bonheur au creux d’un rio.

 

Je me souviens ne plus avoir pensé, avoir respiré avec délectation cet air précieux et éphémère.

 

Et je me souviens avoir souris.

 
                                                                     ****************************************

 

 

J’ai de l’admiration et une tendresse particulière pour les personnes qui réalisent leurs rêves.

 

Rémy Genevaz, enfant déjà, voulait être capitaine d’un bateau. Il a été celui du Levant sur cette croisière. Cécile Damecour est partie pendant 7 mois, sac au dos et loin de ceux qu’elle aimait pour un tour du monde. Philippe Lesné s’est installé au Panama et organise des expéditions au cœur du Venezuela à la rencontre des amérindiens et de leur culture. Laurent Brucy, oiseleur émérite, vit en France dans un Colombier et part chaque année en Guyane Française pour mener à bien, et à titre privé, un travail de baguage qui lui tient à cœur ; partageant les aléas de cette expédition avec Alain Kim, happyculteur de profession et herpetophile de cœur.

 

Ce même Alain m’a avoué «Cette croisière fut pour moi une vrai découverte : rencontre avec la Nature, rencontre avec des Humains à bord d'un navire. C'est étonnant. »

 

Ma passion à moi est l’écriture, et mon rêve est qu’elle puisse servir à vous faire découvrir des personnalités uniques et ces paysages merveilleux que j’ai eu le privilège  d'arpenter au cours de cette croisière sur l’Orénoque.

 

Embarquer à bord d’un navire, c’est déjà faire un voyage.

 

Un voyage au pays des Humains.

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Publié à 23:00, le 30 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Rémy GenevazCécile DamecourAlain KimLaurent BrucyPhilippe LesnéHumainsdauphins rosescaïmanscormoranssinges-hurleurs

Jour 5 - Venezuela - Présentation du Levant

Publié dans 9 Vie à bord


Le Levant, navire de luxe de la Compagnie du Ponant battant pavillon français, navigue depuis Novembre 1998. Sa marraine est Madame Bernadette Chirac.

D’une longueur de 100 mètres et 14 mètres de largeur, ce vaisseau possède cinq ponts, une vitesse de 12,5 nœuds et un tirant d’eau de 3,5 mètres.

2 restaurants, 2 bars, un grand salon, 1 bibliothèque, 1 ascenseur, 1 salon de coiffure, 1 sauna, 1 salle de sports, 1 piscine extérieure, 1 boutique, téléphone, e-mail et fax par satellite sont à la disposition des 90 passagers, servis par les 55 membres d’équipage.

 

Il possède également 2 osmoseurs permettant de récupérer l’eau de mer et l’eau saumâtre pour alimenter les douches et équipements sanitaires.

 

Il respecte les normes internationales maximales de sécurité et les conditions les plus strictes de recyclage des déchets.

 

Des produits de bains de marque sont à la disposition des passagères et passagers, ainsi que jeux de sociétés, livres et dvd.

 

Le  Chef et les serveurs sont aux petits soins lors des dîners gastronomiques et... des anniversaires surprises.

 

 

 

      

Et... on ne s’en lasse pas !

 


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Publié à 06:00, le 28 juin 2009, orénoque
Mots clefs : le LevantCompagnie du PonantCompagnie des iles du Ponant

Jour 3 - Embouchure de l'Orénoque -Vénézuela : Vibrer...et s'emporter ;-)

 


El Agua, couleur café au lait,  déployait son immensité devant l'eau de mon regard.

Parsemé ça et là de plaques de jacinthes à la recherche d’un havre à coloniser, l’Orénoque s’offrait à moi.

Dans le lointain de son lit, un arc-en-ciel baignait la silhouette fantomatique d’un cargo esseulé.

Boca Grande ! J’étais toute prête à me laisser avaler...

            

Une ligne couleur végétale bordait mon horizon à bâbord.

Bientôt, une autre viendrait s’y ajouter sur ma droite.

Un vent léger caressait le lit du majestueux rio, faisant doucement tanguer les balises entre lesquelles nos pilotes vénézuéliens fraîchement montés à bord nous guidaient.

Me sienta muy bien. J’étais bien.

Nous voguions enfin sur la couche de mes songes et je me découvrais troublée.

Des frissons traçaient leur chemin le long de mon échine, prenant peu à peu possession de toute l'étendue de ma peau.

Je pris position en surplomb de l’étrave du Levant, et nous fendîmes tous deux à l’unisson les eaux nourries de limon, les eaux inhospitalières et fortes qui avaient intriguées Christophe Colomb et repoussées les féroces Caraïbes. Pour un temps.

Je brûlais de voir mille jours se lever sur le fleuve Orénoque, et mille soleils lancer leurs rayons à travers un voile de pluie bienfaitrice.

L’envie de rencontrer le peuple des pirogues me taraudait. Je voulais vivre au gré des marées et au son des poissons qui se débattent au petit matin.

Je désirais me joindre au chaman et prier Maria Lionza, célébrer son culte au creux d’une cascade. Protectrice de la nature, Reine de toutes les divinités, elle seule saurait nous protéger dans notre voyage. Elle seule, et l’expérience des marins entre les mains desquels nous avions déposé nos vies.

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Publié à 23:00, le 21 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Maria LionzaWaraosBoca Grande

Jour 3 - Arature - Orénoque – Vénézuela : Arachno Maravilla


Scrutez.      

 Observez.   Contemplez.        Respirez.

Ecoutez.      Zieutez.       Badez.         Mirez.

Considérez. Admirez.

Respectez.

            

 Beaucoup d’entre nous peuvent voir, mais peu savent regarder.

          

Blottie parmi les feuilles, elle attendait, délicate, sage et veloutée.

Il fallait voir l’extrême attention sur son visage lorsqu’il l’a déroba à son écrin.

La délicatesse et la sûreté de ses gestes.

Son sourire lorsqu’elle se tenait, patiente, sur sa main.

Le plaisir qu’il avait à nous la présenter.

Son alarme lorsque, maintes fois, elle avait cherché à s’échapper.

 

Mademoiselle Mygale, forte et fragile, requérait sa liberté.

Qu’elle était belle dans l’aura de ses soies bleutées.

Mais tout ce monde, tout ce bruit autours d’elle...

Il était temps de se séparer.

La déposer. Une branche, un tronc avancé, c’était tout ce qu’elle demandait.

Point de peurs. Aucun pleurs. Instants de stupeur ?    Non.

Fascination. Grâce,  et Beauté...

***

 



***

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Publié à 23:00, le 18 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Philippe LesnéMygale

Jour 3 - Venezuela - Caimans et sortie nocturne

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Nous étions dans le groupe Perroquet.

Nous n’étions pas vexées.

(Après tout, Winston Churchill lui-même avait un perroquet prénommé Charlie à qui il avait appris quelques insultes...)

C’était juste que nous avions quelque peu faim... (Nous étions le second groupe à partir en excursion !).

Nous embarquâmes donc héroïquement sur le zodiac aux alentours de l’heure de dîner + dix bonnes minutes ...

Le zodiac était guidé par Laurent Brucy.

Sa mission : nous montrer un ou plusieurs caïmans, à lunette ou sans.

La notre : nous laisser conduire et profiter de ces instants magiques sur ce fleuve légendaire !

                                                     *****

L’air chaud caressait mon visage et faisait virevolter les petits cheveux à la base de ma nuque.

Les mèches couleur châtaigne de Cécile semblaient voler autour d’elle, faisant un halo à ses yeux rieurs émerveillés.

Valérie était à mes côtés, blottie contre son père, craignant une nouvelle rencontre avec les araignées.

Le zodiac glissait sur les eaux brunes sur lesquelles se reflétaient les faisceaux de lumière éloignés balancés par les zodiacs concurrents.

A l’intérieur du rio, tout semblait calme à nos yeux de citadins.

Dans les arbres et sur les berges, quelques froissements nous parvenaient, amplifiés par l’attente tendue de nos corps.

Une silhouette venait de passer au coin de mon œil. Une autre la rejoignait.

C’était à un ballet fantasmagorique que nous conviaient les chauve-souris.

Dans mon corps résonnait la Première Gnossienne d’Erik Satie. Air de piano. Air de plaisir.

Les caïmans pouvaient bien aller se rhabiller.


                                                    *****

-Carole !

- Mmm !

- Carole, surtout ne bouge pas !

C’était à contrecoeur que je m’extirpais de mes rêveries à l’appel de Valérie.

Je remarquais aussitôt que les lumières autour de nous avaient été éteintes.

- Tiens ! Sale bête !

En écrasant cette guêpe qui me menaçait,  Valérie venait de me sauver d’une douloureuse piqûre.

Point de moustique sur cet Orénoque. Mais quelques guêpes attirées par nos lumières électriques.

Appliquant les consignes de sécurité en cas de visite de ces animaux trop curieux, Laurent nous avait plongés dans l’obscurité, nous qui étions déjà plongés dans un autre monde.

L’œil exercé du naturaliste ne tarda cependant pas à repérer un innocent saurien, qui fut pendant quelques minutes l’involontaire sujet de nos exclamations et de notre curiosité.

Il fut bientôt l’heure de rentrer à bord de notre navire.

Une chose incroyable s’était cependant produite. L’un des passagers n’avait pas vu le caïman !

Que faire ?

Depuis qu’il naviguait sur le Levant, Laurent Brucy avait mis un point d’honneur à montrer aux passagers les merveilles de la nature vénézuelienne. Il était impensable que l’un d’entre eux ne fût pas satisfait !

Nous délaissâmes donc le Levant pour traverser le fleuve Orénoque en direction de la berge opposée, à la recherche d’un de ces coquins de sauriens.

Mister B. n’abandonne jamais.

M’accrochant aux cordes de notre véhicule motorisé, je renversais la tête pour mieux profiter de ce ciel étoilé incroyable qui veillait sur nous.

La voix douce et bienveillante de Norah Jones vola la vedette à Mister Satie, et ce fut sur un air jazzy que s’acheva notre épopée, le Zodiac, dompté, étant revenu à l’amble sous les doigts experts de son cavalier.


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Publié à 22:53, le 13 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Eric SatieCarole PieroniValérie JaubertCécile DamecourLaurent Brucycaïmans

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