Au Pays des Humains Une Croisière sur l'Orénoque

Comment j'ai profité des installations d'un navire de luxe pour approcher les méandres du fleuve Orénoque au Vénézuela, les plages enchanteresses des Iles Grenadines, la beauté de la mangrove à Tobago, et partir à la découverte d'Humains...

Jour 3 - Embouchure de l'Orénoque -Vénézuela : Vibrer...et s'emporter ;-)

 


El Agua, couleur café au lait,  déployait son immensité devant l'eau de mon regard.

Parsemé ça et là de plaques de jacinthes à la recherche d’un havre à coloniser, l’Orénoque s’offrait à moi.

Dans le lointain de son lit, un arc-en-ciel baignait la silhouette fantomatique d’un cargo esseulé.

Boca Grande ! J’étais toute prête à me laisser avaler...

            

Une ligne couleur végétale bordait mon horizon à bâbord.

Bientôt, une autre viendrait s’y ajouter sur ma droite.

Un vent léger caressait le lit du majestueux rio, faisant doucement tanguer les balises entre lesquelles nos pilotes vénézuéliens fraîchement montés à bord nous guidaient.

Me sienta muy bien. J’étais bien.

Nous voguions enfin sur la couche de mes songes et je me découvrais troublée.

Des frissons traçaient leur chemin le long de mon échine, prenant peu à peu possession de toute l'étendue de ma peau.

Je pris position en surplomb de l’étrave du Levant, et nous fendîmes tous deux à l’unisson les eaux nourries de limon, les eaux inhospitalières et fortes qui avaient intriguées Christophe Colomb et repoussées les féroces Caraïbes. Pour un temps.

Je brûlais de voir mille jours se lever sur le fleuve Orénoque, et mille soleils lancer leurs rayons à travers un voile de pluie bienfaitrice.

L’envie de rencontrer le peuple des pirogues me taraudait. Je voulais vivre au gré des marées et au son des poissons qui se débattent au petit matin.

Je désirais me joindre au chaman et prier Maria Lionza, célébrer son culte au creux d’une cascade. Protectrice de la nature, Reine de toutes les divinités, elle seule saurait nous protéger dans notre voyage. Elle seule, et l’expérience des marins entre les mains desquels nous avions déposé nos vies.


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Publié à 23:00, le 21 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Maria LionzaWaraosBoca Grande

Jour 3 - Arature - Orénoque – Vénézuela : Arachno Maravilla


Scrutez.      

 Observez.   Contemplez.        Respirez.

Ecoutez.      Zieutez.       Badez.         Mirez.

Considérez. Admirez.

Respectez.

            

 Beaucoup d’entre nous peuvent voir, mais peu savent regarder.

          

Blottie parmi les feuilles, elle attendait, délicate, sage et veloutée.

Il fallait voir l’extrême attention sur son visage lorsqu’il l’a déroba à son écrin.

La délicatesse et la sûreté de ses gestes.

Son sourire lorsqu’elle se tenait, patiente, sur sa main.

Le plaisir qu’il avait à nous la présenter.

Son alarme lorsque, maintes fois, elle avait cherché à s’échapper.

 

Mademoiselle Mygale, forte et fragile, requérait sa liberté.

Qu’elle était belle dans l’aura de ses soies bleutées.

Mais tout ce monde, tout ce bruit autours d’elle...

Il était temps de se séparer.

La déposer. Une branche, un tronc avancé, c’était tout ce qu’elle demandait.

Point de peurs. Aucun pleurs. Instants de stupeur ?    Non.

Fascination. Grâce,  et Beauté...

***

 



***


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Publié à 23:00, le 18 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Philippe LesnéMygale

Jour 3 – Orénoque -Vénézuela : créoles et peuple des pirogues


Le rythme lent de la marée montante apportait avec lui le Navire d’Où le Soleil se Lève. Des palafitos alentours, le peuple des pirogues abandonnait ses activités quotidiennes : pêche, chasse, tressage des fibres de palmier moriche pour en faire des hamacs... et attendait la dissolution des brumes matinales pour venir nous saluer.

Une jeune fille était restée sur la rive. Elle surveillait les laolaos, poissons-chats à la chair délicieuse, qui cuisaient doucement sur le feu avec les tubercules blancs et farineux issus eux aussi du fleuve : les taros. Au-dessus du bouillon surnageaient les pili-pili, petits piments aussi piquants, selon les Vénézueliens, que les filles de leur pays.

Leur corps parfaitement adapté d’y avoir grandit, la jeunesse amérindienne était partout chez elle lovée dans ce bois flottant.

Le vent léger portait jusqu’à nous le nuage de leurs pensées.

Une bien curieuse embarcation à moteur que ce bateau d’où les gens vous regardent de haut !

Même si Le Levant était bien connu pour revenir année après année et pour annoncer la fin de la saison des pluies, il restait bien incongru dans ce dédale liquide parfois encore synonyme d’enfer...

Autour de notre pseudo géant, naviguait une ola d’embarcations à moteur ou à pagaies.

Nous autres Levantins, aussi curieux que les créoles et les indiens, nous amassions également.

Aux nuances colorées des habits féminins répondaient les chevelures bariolées des passagères : blond, blanc, gris, roux et châtains.

Pendant que certains d’entre nous prenaient place sur les zodiacs à destination du village, et que le chef cuisinier négociait l’achat de mérou frais, quelques villageois réclamaient à l’équipage produits de beauté et shampoings.

Joueurs, certains avaient d’ailleurs, lors d’un voyage précédent,  tagué la proue du Levant !

D’ici ou d’ailleurs, les enfants sont des enfants ...


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Publié à 22:40, le 16 juin 2009, Curiapo
Mots clefs : Waraos

Jour 3 - Venezuela - Caimans et sortie nocturne

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Nous étions dans le groupe Perroquet.

Nous n’étions pas vexées.

(Après tout, Winston Churchill lui-même avait un perroquet prénommé Charlie à qui il avait appris quelques insultes...)

C’était juste que nous avions quelque peu faim... (Nous étions le second groupe à partir en excursion !).

Nous embarquâmes donc héroïquement sur le zodiac aux alentours de l’heure de dîner + dix bonnes minutes ...

Le zodiac était guidé par Laurent Brucy.

Sa mission : nous montrer un ou plusieurs caïmans, à lunette ou sans.

La notre : nous laisser conduire et profiter de ces instants magiques sur ce fleuve légendaire !

                                                     *****

L’air chaud caressait mon visage et faisait virevolter les petits cheveux à la base de ma nuque.

Les mèches couleur châtaigne de Cécile semblaient voler autour d’elle, faisant un halo à ses yeux rieurs émerveillés.

Valérie était à mes côtés, blottie contre son père, craignant une nouvelle rencontre avec les araignées.

Le zodiac glissait sur les eaux brunes sur lesquelles se reflétaient les faisceaux de lumière éloignés balancés par les zodiacs concurrents.

A l’intérieur du rio, tout semblait calme à nos yeux de citadins.

Dans les arbres et sur les berges, quelques froissements nous parvenaient, amplifiés par l’attente tendue de nos corps.

Une silhouette venait de passer au coin de mon œil. Une autre la rejoignait.

C’était à un ballet fantasmagorique que nous conviaient les chauve-souris.

Dans mon corps résonnait la Première Gnossienne d’Erik Satie. Air de piano. Air de plaisir.

Les caïmans pouvaient bien aller se rhabiller.


                                                    *****

-Carole !

- Mmm !

- Carole, surtout ne bouge pas !

C’était à contrecoeur que je m’extirpais de mes rêveries à l’appel de Valérie.

Je remarquais aussitôt que les lumières autour de nous avaient été éteintes.

- Tiens ! Sale bête !

En écrasant cette guêpe qui me menaçait,  Valérie venait de me sauver d’une douloureuse piqûre.

Point de moustique sur cet Orénoque. Mais quelques guêpes attirées par nos lumières électriques.

Appliquant les consignes de sécurité en cas de visite de ces animaux trop curieux, Laurent nous avait plongés dans l’obscurité, nous qui étions déjà plongés dans un autre monde.

L’œil exercé du naturaliste ne tarda cependant pas à repérer un innocent saurien, qui fut pendant quelques minutes l’involontaire sujet de nos exclamations et de notre curiosité.

Il fut bientôt l’heure de rentrer à bord de notre navire.

Une chose incroyable s’était cependant produite. L’un des passagers n’avait pas vu le caïman !

Que faire ?

Depuis qu’il naviguait sur le Levant, Laurent Brucy avait mis un point d’honneur à montrer aux passagers les merveilles de la nature vénézuelienne. Il était impensable que l’un d’entre eux ne fût pas satisfait !

Nous délaissâmes donc le Levant pour traverser le fleuve Orénoque en direction de la berge opposée, à la recherche d’un de ces coquins de sauriens.

Mister B. n’abandonne jamais.

M’accrochant aux cordes de notre véhicule motorisé, je renversais la tête pour mieux profiter de ce ciel étoilé incroyable qui veillait sur nous.

La voix douce et bienveillante de Norah Jones vola la vedette à Mister Satie, et ce fut sur un air jazzy que s’acheva notre épopée, le Zodiac, dompté, étant revenu à l’amble sous les doigts experts de son cavalier.



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Publié à 22:53, le 13 juin 2009, orénoque
Mots clefs : Eric SatieCarole PieroniValérie JaubertCécile DamecourLaurent Brucycaïmans

Jour 5 - Venezuela- Orinoco - Orénoque à la peau satinée

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L’Orénoque à la peau satinée bruissait tendrement sous la caresse de notre embarcation.

L’aube ornée de fines gouttes de pluie semblait silence tandis qu’alentour s’éveillait la forêt.

Le calme commençait à imprégner mon cœur, et je songeais qu’il ne manquait qu’un air de hautbois pour que tout soit parfait, car les modulations propres à cet instrument à hanche s’accorderaient parfaitement avec les froissements engendrés par notre passage sur le bras lisse du fleuve brun.

La lumière fit jour peu à peu, bravant nuages et frondaison pour éclairer notre passage, et nous passâmes des yeux rouges des caïmans aux plumes colorées de l’Hoatzin.

Animal mythique, oiseau de légende, l’Hoatzin nous fit l’honneur de se montrer à nos regards admiratifs et à nos visages réjouis.

Des cormorans ne nous accordèrent nulle attention, survolant la grande aigrette et les jacarandas affairés.

Une prairie où paissaient des chevaux vint nous surprendre.

Il y avait donc des pâturages dans cette forêt. L’herbe était parsemée d’Hérons et de martins-pêcheurs.

Et pendant que notre guide José nous faisait profiter des images du livre qu’il avait apporté, nous permettant à tous de devenir incollables sur les oiseaux de l’Orénoque, une famille de singes-hurleurs, perchés au sommet d’une branche audacieuse, comptaient les touristes.

 

Balade toute en délicatesse.

Plaisir faisant son nid dans ma mémoire.

 


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Publié à 22:44, le 2 juin 2009, orénoque
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